Attestation médicale de non contre-indication : ce qu’exigent le CACES et l’habilitation électrique

13 avril 2026 Temps de lecture : 7 min

Un stagiaire se présente le lundi matin pour sa formation CACES R489. Le formateur lui demande son attestation médicale. Il n’en a pas. Résultat : renvoyé chez lui, journée perdue, et l’entreprise paie quand même. On voit ce scénario au moins deux fois par mois dans les centres partenaires.

L’attestation médicale de non contre-indication est le document le plus souvent oublié dans le parcours CACES. C’est aussi le préalable légal n°1 pour toute formation CACES et pour l’habilitation électrique.

À retenir

Sans attestation médicale de non contre-indication délivrée par le médecin du travail, aucun organisme de test accrédité ne peut faire passer l’évaluation CACES. C’est une obligation réglementaire, pas un caprice administratif.

Pourquoi cette attestation est obligatoire

L’article R4323-56 du Code du travail est clair : l’employeur doit s’assurer que le conducteur d’engin a bénéficié d’un examen médical d’aptitude avant de lui délivrer l’autorisation de conduite. La recommandation CNAM R489 (et toutes les autres) reprend cette exigence : le dossier d’inscription à l’évaluation CACES doit contenir l’attestation médicale.

Pour l’habilitation électrique, c’est la norme NF C 18-510 qui impose un avis médical d’aptitude spécifique aux travaux électriques. Le médecin du travail vérifie que le salarié ne présente pas de risque cardiovasculaire majeur, de trouble épileptique non stabilisé ou de trouble neurologique incompatible avec les interventions sous tension.

On recommande de planifier la visite médicale au moins 3 semaines avant la date de formation. Les services de prévention et de santé au travail (SPST) ont des délais de rendez-vous qui varient de 48 heures à 6 semaines selon les régions. En Île-de-France, un client nous a signalé un délai de 5 semaines l’an dernier.

CACES et habilitation électrique : deux attestations différentes

C’est l’erreur la plus fréquente chez les responsables RH qui gèrent les deux types de formations. L’attestation médicale pour le CACES et celle pour l’habilitation électrique ne couvrent pas les mêmes risques.

Ce que vérifie le médecin pour le CACES

Le médecin du travail évalue la capacité du salarié à conduire un engin en sécurité. Concrètement, il contrôle :

  • L’acuité visuelle - vision de loin, de près, champ visuel périphérique et vision des couleurs (feux de signalisation sur les chariots)
  • L’audition - capacité à percevoir les avertisseurs sonores et les consignes vocales sur chantier
  • L’appareil locomoteur - mobilité des membres supérieurs et inférieurs, force de préhension, amplitude articulaire
  • L’équilibre et la coordination - test de Romberg, absence de vertiges positionnels
  • Les traitements en cours - certains médicaments (benzodiazépines, opioïdes, antihistaminiques sédatifs) altèrent la vigilance

Ce que vérifie le médecin pour l’habilitation électrique

L’examen médical pour l’habilitation électrique cible les risques liés au courant électrique :

  • Le système cardiovasculaire - un trouble du rythme cardiaque non traité est une contre-indication formelle
  • L’épilepsie - une crise sous tension peut être fatale. Le médecin évalue la fréquence des crises et la stabilité du traitement
  • Les troubles neurologiques - pertes de connaissance, malaises vagaux récurrents
  • Les capacités cognitives - compréhension des consignes de sécurité, lecture des schémas électriques

Un salarié qui conduit un chariot élévateur et intervient sur des armoires électriques a besoin de deux avis médicaux distincts - ou d’un avis unique qui couvre explicitement les deux postes. On recommande de préciser les deux activités dans la fiche de poste transmise au médecin du travail.

Attestation médicale : CACES vs Habilitation électrique CACES (conduite d’engins) ▸ Acuité visuelle et champ visuel ▸ Audition (avertisseurs sonores) ▸ Mobilité membres sup. et inf. ▸ Équilibre / coordination ▸ Traitements médicamenteux Validité : 2 ans (SIR) Texte : art. R4323-56 C. trav. Habilitation électrique ▸ Système cardiovasculaire ▸ Épilepsie / crises convulsives ▸ Troubles neurologiques ▸ Capacités cognitives ▸ Risque de perte de connaissance Validité : 2 ans (SIR) Texte : NF C 18-510

Tableau récapitulatif : attestation médicale par type de certification

Certification Texte de référence Qui délivre Validité Points clés de l’examen
CACES R489 (chariots) Art. R4323-56 C. trav. Médecin du travail (SIR) 2 ans Vision, audition, motricité
CACES R486 (nacelles) Art. R4323-56 C. trav. Médecin du travail (SIR) 2 ans Vision, vertige, équilibre
CACES R482 (engins chantier) Art. R4323-56 C. trav. Médecin du travail (SIR) 2 ans Vision, audition, rachis
CACES R487 (grues à tour) Art. R4323-56 C. trav. Médecin du travail (SIR) 2 ans Vision, vertige, concentration
Habilitation électrique NF C 18-510 Médecin du travail (SIR) 2 ans Cardiovasculaire, épilepsie, neurologie

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Comment se déroule la visite médicale

La visite se fait auprès du médecin du travail rattaché au SPST de l’entreprise. Pour un salarié en CDI, l’employeur prend rendez-vous. Pour un intérimaire, c’est l’agence d’intérim qui organise le suivi médical, généralement via un SPST spécialisé comme le FASTT.

La visite dure entre 20 et 45 minutes. Le médecin du travail reçoit la fiche de poste du salarié, qui doit mentionner les engins conduits et les éventuels travaux électriques. Sans cette fiche, le médecin ne peut pas établir un avis pertinent.

À l’issue de la visite, trois conclusions possibles :

  • Apte sans restriction - le salarié reçoit son attestation, il peut s’inscrire à la formation CACES
  • Apte avec restriction - le salarié peut conduire certains engins mais pas d’autres (ex. : port de lunettes obligatoire, interdiction de conduire au-dessus de 3 mètres)
  • Inapte temporaire ou définitif - pas de formation possible tant que l’inaptitude n’est pas levée
Piège fréquent

On voit souvent des employeurs envoyer un certificat du médecin traitant. Ce document n’a aucune valeur pour le CACES ni pour l’habilitation électrique. Seul le médecin du travail est compétent.

Durée de validité et renouvellement

L’attestation d’aptitude médicale est valable 2 ans dans le cadre du suivi individuel renforcé (SIR), qui s’applique à tous les postes à risque - et la conduite d’engins en fait partie depuis l’arrêté du 26 décembre 2022.

Attention : la validité de l’attestation médicale (2 ans) est plus courte que celle du CACES lui-même (5 ans). Un salarié titulaire d’un CACES R489 valide mais dont l’attestation médicale a expiré ne peut légalement plus conduire de chariot. L’employeur doit suivre les deux échéances en parallèle.

Pour les travailleurs de nuit ou les salariés exposés à des agents chimiques dangereux (fréquent en milieu industriel où les caristes interviennent), la périodicité passe à 1 an.

Les obligations de l’employeur

Avant la formation

L’employeur doit transmettre au SPST une fiche de poste détaillée mentionnant les types d’engins conduits, les horaires, l’environnement de travail et les éventuels risques cumulés (vibrations, bruit, travail en hauteur). Il prend rendez-vous pour la visite médicale et s’assure que le salarié a reçu son attestation avant le premier jour de formation.

Un conseil pratique : on intègre systématiquement la vérification de l’attestation médicale dans le processus d’inscription à la formation. Les centres certifiés Qualiopi refusent de démarrer si le document manque.

Suivi de la validité

On recommande un tableau de suivi avec trois dates par salarié : la date d’expiration de l’attestation médicale, la date d’expiration du CACES et la date du prochain recyclage. Un rappel automatique 2 mois avant chaque échéance évite les oublis.

Les entreprises de plus de 50 salariés qui gèrent des flottes de chariots utilisent généralement un logiciel RH ou un simple fichier Excel partagé. Les plus petites structures s’en sortent avec une alerte agenda.

Cas particulier : les intérimaires

Les intérimaires représentent environ 35 % des stagiaires CACES en France. Leur suivi médical obéit à des règles spécifiques. C’est l’agence d’intérim - et non l’entreprise utilisatrice - qui assure le suivi via son propre SPST ou via le dispositif FASTT.

L’attestation d’aptitude délivrée pour un poste de cariste dans l’entreprise A reste valable si l’intérimaire est affecté à un poste similaire dans l’entreprise B, à condition que les risques soient comparables. En revanche, un changement significatif de poste (passage de chariot élévateur à nacelle avec travail en hauteur) nécessite une nouvelle visite.

Questions fréquentes

L’attestation médicale est-elle obligatoire pour passer le CACES ? +
Oui. L’article R4323-56 du Code du travail impose un examen médical d’aptitude avant toute délivrance d’autorisation de conduite. Sans attestation médicale de non contre-indication, l’organisme de test accrédité refuse l’inscription à l’évaluation CACES.
Qui délivre l’attestation médicale de non contre-indication ? +
Seul le médecin du travail peut délivrer cette attestation dans le cadre du suivi individuel renforcé (SIR). Le médecin traitant n’est pas habilité à la rédiger. Le médecin du travail évalue les capacités visuelles, auditives, musculosquelettiques et neurologiques du salarié.
Quelle est la durée de validité de l’attestation médicale pour le CACES ? +
L’attestation d’aptitude médicale est valable 2 ans dans le cadre du suivi individuel renforcé (SIR). Pour les travailleurs de nuit ou les salariés exposés à des risques particuliers, la visite peut être annuelle. L’employeur doit s’assurer du renouvellement avant l’échéance.
L’attestation médicale CACES est-elle la même que celle pour l’habilitation électrique ? +
Non. L’attestation pour le CACES couvre l’aptitude à la conduite d’engins (vision, audition, motricité). Celle pour l’habilitation électrique porte sur l’aptitude aux travaux électriques (système cardiovasculaire, risque épileptique, troubles neurologiques). Un salarié qui cumule les deux activités a besoin de deux attestations distinctes ou d’une attestation couvrant les deux postes.
Que se passe-t-il si le médecin du travail émet une restriction ? +
Le médecin peut déclarer le salarié apte avec restrictions (port de lunettes obligatoire, interdiction de travail en hauteur au-delà de X mètres) ou inapte temporairement. En cas de restriction, l’employeur adapte le poste. En cas d’inaptitude, le salarié ne peut pas conduire l’engin ni passer le CACES tant que la restriction n’est pas levée.
Combien coûte la visite médicale pour le CACES ? +
La visite médicale auprès du médecin du travail est prise en charge par l’employeur via sa cotisation au service de prévention et de santé au travail (SPST). Elle ne coûte rien au salarié. Pour un intérimaire, c’est l’agence d’intérim qui assure le suivi médical.

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